
Les
représentants de la société
civile étaient préoccupés
par l’orientation de la Conférence
des Nations unies sur le Commerce et le Développement
(CNUCED), qui vient de terminer sa onzième
session à São Paulo le mois
dernier. La société civile voulait
que la CNUCED prennent des initiatives énergiques
pour protéger les intérêts
des pays en voie de développement face
aux offensives de l’O.M.C. et des entreprises
transnationales (TNC).
« Nous attendons du CNUCED qu’il
montre plus de leadership » a déclaré
Yara Pietricovsky, coordinatrice du Réseau
brésilien pour l’Intégration
des Peuples et l’une des organisatrices
du Forum de la Société civile
à la CNUCED. Néanmoins, pendant
cette conférence, les résultats
les plus importants sont venus des évènements
parallèles mettant en jeu d’autres
institutions.
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Le
Commerce équitable à la XI CNUCED
Le Mouvement du Commerce équitable
a organisé deux évènements
publics :
Symposium du Commerce équitable :
Il visait à informer
et à sensibiliser au Commerce
équitable et à sa contribution
au développement durable. Environ
150 participants d’un grand
nombre d’organisations, qu’ils
soient représentants de la
société civile ou délégués
officiels des pays membres de la CNUCED,
y ont participé. La session
du matin s’est centrée
sur le Commerce équitable et
sa contribution au développement
durable, alors que la deuxième
et la troisième tables rondes,
l’après-midi, étaient
plus dirigés aux questions
discutées lors de la XI CNUCED
(espace politique national, sécurité
alimentaire, attention aux petits
producteurs et à la crise des
produits de base).
Réunion stratégique
sur le Commerce équitable :
Le but de cette réunion
était d’échanger
des idées et des informations
et de trouver des formes de collaboration.
Environ 50 représentants de
différentes parties du monde
ont participé aux Sessions
stratégiques. Elles ont conduit
à la formation de deux groupes
de travail : l’un s’intéresserait
au commerce équitable national
et Sud-Sud et l’autre aux questions
liées à la diffusion,
à la promotion, et aux labels
etc.
La Déclaration
du Commerce équitable a
été signée par
environ 100 organisations.
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La semaine du XI CNUCED a vu la réalisation
de nombreuses rencontres liées aux
négociations de l’Organisation
mondiale du Commerce et à l’accord
commercial en cours de conclusion entre l’Union
européenne et le Mercosur (marché
commun du Sud), qui intègre l’Argentine,
le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay
; sans parler de celles du P 5 (5 pays permanents
du Conseil de sécurité de l’O.N.U.),
du G20 et des pays les moins avancés
(P.M.A.).
Ce qu’il en est clairement ressorti
est que les pays les plus vulnérables
doivent être l’objet d’une
attention spécifique dans tous les
forums mondiaux parce qu’ils ne reçoivent
pas l’Aide officielle au Développement
(A.O.D.) que les pays riches leur ont promis
et qu’ils ont des difficultés
à profiter de l’expansion du
commerce international. Si l’objectif
de l’A.O.D. pour les 50 pays les moins
avancés était d’atteindre
0.2 pour cent du Produit interne brut des
pays riches, de nos jours, il n’en représente
que 0.11%. On ne saurait oublier que 736 millions
de personnes habitent les P.M.A. -- plus de
11 pour cent de la population du globe --
et que leur participation au commerce mondial
n’est que de 0.4 pour cent.. Beaucoup
d’entre eux dépendent d’un
seul produit de base, comme le coton, et n’ont
pas d’alternative quand les prix internationaux
chutent.
Le coton fait partie des principaux produits
d’exportation d’au moins 20 P.M.A.,
pour la plupart en Afrique. En raison des
subventions que les États-Unis octroient
à leurs planteurs de coton, les prix
internationaux de ce produit de base se situent
25 pour cent au-dessous de ce que les experts
estiment qu’ils devraient être.
Au Bénin, à Burkina Faso et
au Mali, environ 11 millions de personnes
lui doivent leur revenu, et subissent donc
les effets directs des subventions américaines
au coton, qui ont été récemment
condamnées par l’Organisation
mondiale du Commerce après une plainte
déposée par le Brésil.
Ainsi, outre un rétablissement des
prix, ces pays ont besoin que la communauté
internationale établisse une «
'politique cohérente pour stabiliser
ces prix », a déclaré
Idris Waziri, ministre du commerce du Nigeria,
qui est également « victime »
des subventions américaines au coton,
même sil ne fait pas partie de la liste
des P.M.A.. La libéralisation du commerce
entre les pays en voie de développement
est essentielle pour les P.M.A., parce que
plus de la moitié de leurs échanges
internationaux ont lieu à l’intérieur
du monde en développement, contre 42
pour cent avec les pays industrialisés.
Les mécanismes pour relancer le commerce
Sud-Sud en discussion à la XI CNUCED,
comme le Système global de Préférences
Commerciale (S.G.P.C.), un schéma exclusif
pour les pays en voie de développement,
sont une priorité pour ce groupe. Mais
ils ont également besoin de mesures
pour les aider à obtenir un accès
meilleur et plus ample aux marchés
du Nord industrialisé, où se
concentre le gros du commerce mondial.
Bien que la déclaration de la XI CNUCED
ne réponde pas de manière satisfaisante
aux questions des paysans appauvris ou de
régulation pour les entreprises transnationales,
les O.N.G. ont bien reçu la décision
de réactiver le Système global
de Préférences commerciales
(S.G.P.C.) qui vise plus particulièrement
à relancer le commerce dans le Sud
en voie de développement.
D’autres points positifs du document
final et des résolutions de la XI CNUCED
ont été la défense des
« espaces pour les politiques nationales
» des pays en voie de développement,
de l’agriculture familiale et d’un
traitement spécial pour le pays les
moins avancés, et la décision
d’organiser une commission pour étudier
des mécanismes pour récupérer
et stabiliser le prix des produits de base
et la proposition de créer un fonds
pour aider les pays qui ne comptent sur les
exportations que d’un ou deux produits
de base à se diversifier. Mais comme
le disait le Secrétaire général
sortant de la CNUCED, Rubens Ricupero «
le succès de cette initiative dépend
des “pays qui ont de l’argent”
».
Une forte préoccupation des O.N.G.
et des mouvements sociaux participant au Forum
de la Société civile, qui faisait
partie la CNUCED, était la question
: qui va succéder à Ricupero
à la barre ? Les activistes voudraient
quelqu’un qui renforce le corps des
Nations unies sur les bases de sa mission
originale : favoriser le développement
de pays pauvres, intensifier la coopération
Sud-Sud, et créer un département
de recherche avec une capacité semblable
à celle d’autres institutions
multilatérales, comme l’O.M.C.,
Le Fonds monétaire international et
la Banque mondiale. Dans son discours devant
l’assemblée de la société
civile, le Secrétaire-Général
des Nations unies, Kofi Annan, a promis de
chercher un nouveau leader pour la CNUCED
qui favoriserait ces aspirations, et a même
demandé à ce Forum de lui suggérer
des noms.